Voilà ! C'est terminé pour ce premier concours de nouvelles. J'ai avancé les résultats d'un jour, car je ne pourrais pas le faire demain...

Je voudrais tout d'abord remercier les participants, merci d'avoir participé à ce premier concours. 9 en tout. Cela peut paraître peu, mais à vrai dire c'est plus que ce à quoi je m'attendais. Peut être qu'il y en aura d'autres. Je voudrais ensuite les féliciter, car chaque nouvelle aurait put être prise. Chacune avait sa particularité, son idée, son style... Un grand bravo à vous tous.

Bon, je ne vais pas m'éterniser là-dessus, et je vais donc passer au gagnant (qui est une gagnante) : Cathy !

Sa nouvelle est très bien écrite, d'une manière sensible et touchante. On vibre avec la personnage, les émotions sont très bien retranscrites. Le seul défaut que j'ai pu trouver, c'est la fin, qui fait un peu trop cliché et déjà-vu. Mais sinon, bravo. Voici donc sa nouvelle :

 

 

Une seconde chance

Je fais tout le temps le même rêve. Je suis dans mon jardin et je me balance doucement sur ma vieille balançoire. Il fait beau. Le soleil est loin de se coucher par ce jour d'été, et une douce brise fait voleter mes cheveux tendis que mon regard ne cesse de scruter le portail de l'entrée. Il ne devrait pas tarder à arriver, je le sais, je le sens. Il approche. J’entends le bruit du moteur de sa moto se rapprocher inexorablement et je sens mon pouls s’accélérer. La peur prend peu à peu le contrôle de mon corps et me paralyse . Je sais ce qu'il va se passer. C'est toujours la même scène, la plus effrayante de mon existence, la plus destructrice aussi, la plus fatale, Pour moi. Pour lui. Pour nous.

Je me réveille toujours aux premiers crissements des freins et le bruit de tôle froissée, Ce n'est pas qu'un simple rêve, c'est plutôt un souvenir. Celui du jour où j'ai perdu l'amour de ma vie dans un banal accident de moto, il y a deux ans. Ben rentrait de son travail vers dix sept heures, comme à son habitude. J'avais nettoyé la maison de fond en comble toute la journée en vue de notre soirée en amoureux à l'occasion de son anniversaire. Nous allions le fêter pour la première fois dans notre petit nid d'amour où nous venions d’emménager depuis un mois. Je l'attendais avec tellement d'impatience, je m'étais surpassé pour le dîner de ce soir là et j'avais enfilé une robe rien que pour lui. Il adorait me voir en robe. Je n'avais pas prévu que le chien de la voisine s'échapperait de chez lui. Encore moins qu'il déciderait de traverser à la sortie d'une courbe,là où Ben arrivait. Il ne l'a vu qu'à la dernière seconde et n'a pas put l'éviter. Sa moto flambant neuve est allée s'encastrer dans un poteau électrique, écrasant en même temps le corps de mon amour. Le chien n'eut pas une égratignure. Ben, lui, mourut sur le coup. Deux ans se sont écoulés.Je rend visite à Ben tout les dimanche au cimetière de notre petit village. Il aurait eu vingt cinq ans aujourd'hui. Je n'ai pas refait ma vie sans lui jusqu'ici. Je n'y arrive pas. Je n'ai pas quitté notre petite maison. C'était au dessus de mes forces. Il me manque toujours autant. Surtout ses yeux. De magnifiques yeux bleu rieurs, tellement clairs, tellement doux. Des yeux qui ne me regarderont plus jamais avec une telle intensité et une telle adoration que j'avais la sensation d'être belle quand il me regardait comme si j'étais pour lui la chose la plus parfaite au monde pour lui.

Je me détourne de sa tombe. Le jour décline. Je devrait rentrer. La pluie se mit de la partie m'obligeant à courir jusque la voiture pour ne pas être trempée jusqu'aux os. Brusquement mon pied dérapa sur le sol détrempé et mon corps fut propulsé en avant. Ma tête alla cogner contre la pierre froide du sol du cimetière, et ce fut les ténèbres.

 

Le chant des oiseaux me fit revenir à moi. J’ouvris les yeux et ne sut tout d'abord pas où j'étais. Le ciel était redevenu d'un bleu éclatant et je portais cette robe blanche que j'avais mise pour lui ce jour là. Comment étais-ce possible ? Je l'avais brûlé après l'enterrement de Ben parce que je ne supportais plus de la voir. La corde de ma vieille balançoire avait rompu et pendait lamentablement derrière moi. Que s'était-il passé ? Qui l'avait cassé ? Et pourquoi diable étais-je assise à même l'herbe de mon jardin dans une robe que j'avais jeté dans la vieille cheminée de la maison. Des aboiements me firent sortir de mes pensées. Un espoir fou me fit battre le cœur à la chamade. Avais-je rêvé ? Et cette balançoire cassée ? Hier encore elle était intacte. Le vrombissement d'une moto se fit entendre au loin, à l'entrée du village. Comme ce jour là....

Le temps sembla soudain se figer. Un silence pesant s'installa subitement, un silence de mort...

Je me relevais péniblement, à la hâte :

    • Ce n'est pas possible! m'exclamais-je.

Une pensée fugitive sembla soudain me venir

    • Je ne vois qu'une seule réponse ; je suis morte.

    • Tu crois ?

La voix, plus qu'un murmure lui était parvenue dans son dos. Faisant volte face, je me retrouvât devant une vieille femme aux traits asiatiques, le visage éclairé d'un sourire qui semblait assez mystérieux. Ses longs cheveux striés de gris était retenus en un strict chignon . Elle portait un tailleur strict de couleur blanche et ses deux mains se joignais à une canne assez biscornue.

    • N 'ais pas peur jeune fille, je ne te veux aucun mal.

    • Qui êtes-vous ? Et où suis-je ?

    • Je m'appelle Mei. Et manifestement nous nous trouvons dans ton jardin. Ajouta t-elle avec un petit sourire

    • Je suis morte, c'est çà ? On est au paradis ?

    • Mon enfant, crois-tu que le paradis ressemblerait à ton jardin ? Et moi je serai qui?Dieu ?

La vieille dame éclata de rire. Je me sentais complètement perdue,

    • Non Laura, tu n'es pas morte. Nous sommes le 09 juin 2011 et il est dix sept heures dix,

    • Ce n'est pas...possible...balbutiais-je

    • tu sembles apprécier cette phrase, jeune fille . S'amusa Mei

    • Le 09 juin c'est le jour où...

Je ne put finir ma phrase.

    • c'est sensé être le jour où tu vas perdre l'amour de ta vie. Si mes calcul sont exacts, dans deux minutes exactement, Ben tentera d'éviter Spootnick, le chien de Madame Mc Kern, ta voisine.

    • Mais...

j'étais totalement incapable d'aligner une pensée cohérente. Comment ? Pourquoi ?

Le visage de la vieille dame sembla devenir grave :

    • Écoute- moi bien attentivement Laura. Tu n'as pas beaucoup de temps. Dans toute mon existence j'ai put voir beaucoup d'amour, de bonheur mais également énormément de douleur face à la perte d'un être cher. Mais je n'ai que très rarement put voir un amour survivre à la mort comme le tiens survit au trépas de ton fiancé. C'est pour cela que j'ai décidé de t'offrir la chance d'éviter cet accident.

    • Comment faire ?

Je sentais naître un fol espoir dans ma poitrine. Si c'était un rêve, je n'avais rien à perdre, même chose si j'étais morte, alors pourquoi ne pas faire une tentative même si cela me paraissait fou et insensé, j'avais déjà perdu Ben de toute façon et je le reperdais à chaque cauchemars que je faisais. Si mon esprit me laissait un moyen de faire la paix avec moi même, alors pourquoi pas ?

    • Je n'ai pas la réponse à cette question mon enfant. Toi seule peut savoir quoi faire. La seule aide que je puisse te fournir est de t'avoir ramener au 09 juin 2011, deux minutes avant le drame. Le reste...advienne que pourra. Si tu échoues, tu n'aura plus de seconde chance

    • Mais, qui êtes-vous ?

Je n'avais pas beaucoup de réponse cohérente à apporter, mais il fallait que je sache qui pouvait me faire un tel cadeau. La vieille dame retrouva ce mystérieux sourire :

    • A toi de le deviner. Je suis souvent confondue avec le hasard même si je connais plus les gens qu'ils ne se connaissent eux même. Bonne chance !

La vieille dame disparut subitement et le temps perdit de sa rigidité, les couleurs revinrent brusquement et les oiseaux recommencèrent à pépier. Le bruit de la moto de Ben se rapprochait.

N'écoutant que mon courage, je bondis en direction du portail de l'entrée. Il fallait le sauver, je devais le sauver!

A la sortie du jardin, je vis Spootnick se diriger tranquillement vers le bout du trottoir. Il allait traverser d'un instant à l'autre et Ben allait éviter de le percuter et s'encastrer dans le pilonne électrique.

Je me mis a courir comme une folle sur la rue en criant après le chien, en le suppliant de venir me voir. C'était, à mes yeux le seul moyen d'éviter l'accident.

 

Intérieurement je priais pour que cela fonctionne, au mon dieu faîtes que cela marche. Laissez-le moi, je vous en prie, je vous en  supplie !

Dieu avait-il entendu mes suppliques , Mes prières ? Toujours est-il que c'est ce moment là que Spootnick décida de changer de direction, et de se mettre à courir vers moi, la queue battant joyeusement la mesure, espérant sans doute quelques caresses de ma part vu la ferveur de mes appels.

C'est alors que Ben Jaillit du tournant et nous voyant en plein milieu de la chaussée, ralentit et s'arrêta sur la bas côté. Il ôta son casque de moto et me sourit.

    • Bah alors mon ange, qu'est-ce que tu fais au beau milieu de la route ?

J'avais le souffle court, d'avoir courut, ou de l'avoir en face de moi enfin là !Il vivait!Il était là enfin pour moi ! Je me jetais dans ses bras l'étreignant à en perdre la raison et le souffle. Ben éclata de rire :

    • Eh ! Je t'ai manqué à ce point là ?

    • Si tu savais ! Murmurais-je en essayant d'étouffer mes sanglots de soulagement. Ne me quitte jamais Ben . Je t'aimes tellement !

    • Moi aussi je t'aimes mon ange.

Il me regarda soudain dans les yeux.

    • Je ne pensais pas faire ça comme çà mais bon...

Devant mon regard interrogateur, Ben sortie un écrin noir de son blouson et se mit à genoux devant moi.

    • Laura Belfort...voulez-vous m'épouser ?

    • OUI !! Mille fois oui.

Nous nous enlaçâmes aussi fort que la fougue de l'amour et de la jeunesse nous le permit.

 

Je songe très souvent à Mei, cette vieille dame qui m'a permis cette seconde chance avec Ben. Notre fille porte d'ailleurs son nom en son honneur même si Ben n'en sait rien. Il aimait juste le prénom. La vie est parfois pleine de surprise, j'ai appris par hasard que le mot « destin » se traduisait « unmei » en japonnais. En réfléchissant à cette étrange mais symbolique rencontre entre Mei et moi je pense du plus profond de mon cœur que Mei et le destin se ressemblait trait pour trait.

 


Voilà ! Libre à vous de dire ce que vous en avez pensé. Encore un grand merci et bravo à tous les participants, et un grand bravo à la gagnante.