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Même étant sur un blog littéraire, je me dois de parler de cet évènement marquant qui a choqué tant de personnes à travers le monde, à juste titre. Tous les journaux en parlent, repassent sans cesse les même informations, comme hébétés, hésitant à croire ce qui a pu réellement se passer. Les faits, tout le monde les connaît : mercredi matin, au siège de Charlie Hebdo à Paris, deux hommes cagoulés et armés ont fait irruption durant la conférence de rédaction. Ils auraient demandé qui était Charb, puis l'aurait criblé de balles, avant de tuer les autres dessinateurs, Cabu, Charb, Tignous, Wolinski, Bernard Maris, Honoré, une psychanalyse, un correcteur ainsi qu'un policier. Ils auraient juste épargné une femme, avec en derniers mots : "Tu liras le Coran".

Ce drame indescriptible fut sans doute l'un des plus sanglants ayant frappé la France depuis un demi-siècle. Et depuis, les débats font rages, les discussions et surtout les débats s'enflamment. Il y a deux jours, les deux frères islamistes responsables de l'attentat ont été abattus par la police, mais rien ne semble se calmer. Des mosquées en France ont été mitraillées. Beaucoup de gens se noient dans l'amalgame, et les radicaux se jettent avec eux dans les eaux noires de la haine. Certains proclament qu'ils "Ne sont pas Charlie" et reprochent au journal satirique leurs dessins "insultant la religion musulmane", allant jusqu'à dire qu'ils l'ont mérité. Il y a des répliques, sages bien sûr, mais aussi dangereuses et violentes, et des actes inadmissibles : des gens ont déchiré le Coran.

Jusqu'où tout cela peut aller ? Certains veulent donc une guerre civile ? C'est chose possible dans le contexte actuel. Rappellons tout de même le sens premier de ce slogan devenu extrêmement populaire des derniers temps : "Je suis Charlie." Cela ne signifie qu'une chose : unité. Certains disent que cette unité se dirige contre quelque chose, et cette phrase est propice à la confusion. Non, Je suis Charlie est une phrase pacifique et solidaire qui n'inspire pas à un affront mais à la paix et au calme. Nous sommes contre les attentats et les islamistes qui lèvent leurs armes à l'effigie d'un Dieu qui ne doit éprouver que de la haine en les voyant. Mais nous ne voulons pas de combats, plus d'armes ni de sang. Et personne ne reproche rien aux musulmans qui n'ont rien à voir avec cela. Je pense plutôt qu'il faudrait penser à eux et être solidaire car ces barbares ont bafoué le nom de leur prophète et de leur Dieu.

Certes, beaucoup reprochent l'énorme médiatisation de cet évènement alors qu'il y a de nombreux attentats ainsi et même bien pires à travers le monde. On ne parle que trop peu de ces attentats à l'étranger. Mais est-ce une raison pour éprouver de la haine à l'égard de Charlie Hebdo ? Car c'est souvent le cas. Certains musulmans se sentent insultés, ils voient sali le nom de leur dieu. Alors d'abord, ces dessins sont des caricatures, donc rien n'est à prendre au premier degrés. On voit ensuite, avec un peu d'esprit, que ce n'est jamais le Coran, ni Mahomet, ni la religion musulmane, qui est insultée, mais ce sont les islamistes et leurs actes impardonnables. Tout ce que je demande, c'est de l'indulgence, de la tolérance. Montaigne défendait avec conviction ce sentiment, et en cette situation, il est bon de le rappeler. Car cette médiatisation importante est tout à fait justifiée, inutile de le nier. Dans un pays laïque, en paix, où la liberté d'expression est l'un des piliers de la démocratie, un tel évènement est intolérable. C'est le devoir des médias de parler de cela, et de ne pas avoir peur d'une certaine censure qu'ont voulu nous inculquer des fanatiques.

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"La liberté d'expression"... Une chose vaste et plutôt controversée de nos jours. Mais personne ne pourra nous l'enlever. On voit dans ce dessin, l'un de ceux qui ont attiré la haine des islamistes, que ce n'est pas leur Dieu qui est insulté, ce sont eux. Pour cela, il faut savoir lire un peu et avoir un peu d'esprit aussi. Les dessinateurs de Charlie Hebdo sont des héros car ils avaient pleinement conscience d'attirer de la haine sur eux avec ces dessins. Mais ils le faisaient quand même, car "la démocratie est un combat de tous les jours". Ils étaient des héros bien avant mercredi matin.

Voltaire disait : "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrais jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire." Ce philisophe de renom ayant éclairé beaucoup de nos pensées a dit cela dans une époque où la liberté d'expression était presque inexistante. Pourtant elle a toujours son sens, si ce n'est plus aujourd'hui. Quel que soit le message, il a le droit d'être divulgué, et personne ne peut l'en empêcher. Il faudrait au contraire aider à cela. La réaction de certains est donc bien trop irréfléchie et égoïste.

Aujourd'hui, dimanche, 2.5 millions de personnes se sont réunies dans toute les villes de France durant la marche de soutien à tous ceux qui sont morts ces derniers jours. 2.5 millions. Un chiffre énorme, inédit, magnifique. L'image même de gens unis, solidaires et responsables. C'était beau de marcher en silence dans les rues, entourés de personnes inconnues, d'une foule bruissante et impressionnante mais réunie pour la même raison.

C'est une grande force, un très bel hommage. La mémoire est importante, j'espère que ce jour permettra aux générations futures de se souvenir de cet évènement marquant. Encore une fois, toutes mes pensées vont aux victimes, aux blessés et à leur famille. J'espère que la France restera toujours une nation unie.