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Résumé :

Qui est cet inconnu capable d'en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu'antipathique ? Peut-on croire, comme il l'affirme, qu'il n'a pas joué depuis plus de vingt ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer.
Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l'inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l'isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges.
Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse, " pourrait servir d'illustration à la charmante époque où nous vivons ". 

Mon avis : Deux récits imbriqués, pour une trame scénaristique courte mais profonde

Le Joueur d'échecs est mon premier livre de Zweig, même s'il serait peut être plus juste ici de parler de nouvelle - car ce récit comporte moins de 70 pages. Alors oui il se lit vite, très vite même car on peut le lire d'une traite. Toutefois il prend bien plus d'épaisseur avec son histoire, qui se déroule à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale.

Le récit commence d'ailleurs (par déduction) aux environs de 1939. Le narrateur est un jeune homme dont on sait finalement très peu de choses, mise à part cici : il est passionné de psychologie et c'est un amateur d'échecs. Il se trouve à bord d'un paquebot voguant vers Buenos Aires, et où, par le plus grand des hasards, se trouvera aussi Czentovic, l'actuel champion du monde d'échecs. Grâce à ce fait, et surtout au titre, le lecteur comprend bien que le noeud principal de l'histoire sera sur le thème des échecs. 

Toutefois l'auteur aborde ce jeux, qui peux sembler anodin à vos yeux de novice (je suis moi-même dans ce cas-là), de façon tout à fait innatendue et jamais vue. Le IIIè Reich d'Hitler, qui était de vigueur dans le contexte historique, jouera également son rôle dans l'histoire. Car le cadre de l'histoire, qui est bien sûr celle du narrateur, en renferme une autre : celle d'un passager mystérieux et inconnu, M. B, qui contera une partie de sa vie au narrateur.

Ce personnage nouveau est aussi intimement lié aux échecs, on le voit lorsqu'il parvient à égaliser une partie avec Czentovic, mais d'une façon bien différente du champion. Car son récit aborde d'une façon nouvelle les atrocités commises par le régime nazie, plus précisemment une forme de torture psychologique peu connue. Et M. B, le personnage ayant vécu cette torture, nous la racontera avec tant de précision et de détails qu'elle n'en paraîtra que plus terrible aux yeux du lecteur.

Sinon, vis-à-vis du style, je n'ai pas particulièrement apprécié celui de Stefan Zweig, même si l'histoire tout à fait innatendue ne m'a pas vraiment laisser le temps de penser à ce léger détail.

En résumé ce livre, que je devais lire pour le lycée, fut une agréable surprise. L'histoire ets très originale et pourrait amener votre vision des échecs à changer...