9782266128568

Auteur : Aldous Huxley

Editeur : Pocket

Pages : 256

Prix : 4,70 €

Résumé :

Voici près d'un siècle, dans d'étourdissantes visions, Aldous Huxley imagine une civilisation futures jusque dans ses rouages les plus surprenants : un Etat Mondial, parfaitement hiérarchisé, a cantonner les derniers humains "sauvages" dans des réserves. La culture in vitro des fœtus a engendrer le règne es "Alphas", génétiquement déterminés à être l'élite dirigeante. les castes inférieurs, elles, sont conditionnées pour se satisfaire pleinement de leur sort. dans cette société où le bonheur est loi, famille, monogamie, sentiments sont bannis; Le meilleur des mondes est possible. Aujourd'hui, il nous parait même familier.

Mon évaluation :

Livre : 7/10

Écriture : 4/5

Suspense : 2/5

Originalité : 4/5

Addictivité : 2/5

Personnages : 4/5

Mon avis : La description d'un monde utopie, anticipé avec talent dans ses moindres rouages. Formidable, mais un peu lent à mon goût

Allons, ne vous en faites pas, c'est mon côté sévère (et un peu inutile)... qui exprime un aspect négatif de ce très bon bouquin dès l'introduction de ma chronique. Parlons plutôt de lui, de lui et de ses aspects principaux : l'histoire commence au CENTRE D'INCUBATION ET DE CONDITIONNEMENT DE LONDRES-CENTRAL, tandis le Directeur de ce centre fait visiter à des étudiants tout en leur expliquant ce qui passe à portée de son regard. On commence ainsi à découvrir, avec une certaine fascination et une excitation qui ne tarderont pas à se muer en horreur, ce meilleur des mondes. Oui, ce monde est le meilleur, car l'instabilité, le malheur, la solitude, la douleur, la peur de la mort, la maladie, la vieillesse (et j'en passe) sont bannis. Le citoyen de ce meilleur des mondes vit épanoui dans ce qu'il fait. Est-ce naturel ? aurait-on tendance à se demander (et on a parfaitement raison). Car c'est là que l'horreur peut commencer chez les plus sensibles (ou les plus avertis) d'entre nous. Car l'être humain ne se fait plus de façon naturelle, j'entend simplement par là que le père et la mère ne sont ici qu'un lointain et mauvais souvenir, des mots que l'on prononce à peine, ou en rougissant.

Tous les enfants naissent par une sorte de fécondation in vitro moderne, et le rêve universel de ce meilleur des mondes serait de faire tous les hommes à partir d'un seul embryon, et toutes les femmes également. Cela s'appelle (attendez que je jette un oeil à mon livre...) la bokanovskification, suivant le procédé  Bokanovsky. Bon, hélas, le record est "seulement" de 96 individus identiques pour le moment, record à battre. Les humains sont divisés par classe sociale, des plus importantes aux moindres (la classe supérieure étant les Alphas). Bien évidemment, tout le monde est content d'appartenir à sa classe sociale. Tout le monde est aussi content d'excercer son travail, si monotone soit-il. Tout le monde est content de sa vie, de son monde. Et non, encore une fois, ceci n'est pas naturel. Premièrement, avant même de "naître" (l'expression semble perdre un peu son sens), le foetus est conditionné à ce qu'il est prédestiné à faire (car oui, personne ne choisit son métier). Ceux qui sont travailleront dans des endroits chauds, par exemple, subiront quelques désagréments dans leur flacon (remplaçant le ventre de la mère) lorsqu'ils passeront dans des endroits froids ; ainsi, plus tard, le froid sera aussitôt associé à un mal-être. 

On habitue aussi les gens à ne pas aimer les livres et les fleurs grâce à un horrible procédé que je vous laisse découvrir par vous-même. Mais le conditionnement des humains vient surtout de l'hypnopédie, ou le principe de l'enseignement pendant le sommeil. Des phrases répétées des milliers de fois pendant le sommeil, certaines pendant des années, pour forger le caractère que VEUT la société et pour anticiper les réactions que VEUT la société. Donc oui, le bonheur existe. Les gens sont heureux. Ce sera à nous, et à nous uniquement de nous dire pourquoi ce système est mauvais, pourquoi il ne faut pas faire comme cela, pourquoi nous ne voulons pas d'une telle société. Car personne ne la remettra en question, à part l'arrivée d'un Sauvage dans ce monde à un moment du livre. Libre à vous également d'envier cet avenir.

Il y a, à propos de ce jeune Sauvage, un passage très intéressant, ou celui-ci, argument après argument, et se faisant toujours contrer, mais ne flanchant jamais, tente d'expliquer comment cette société est mauvaise, face à l'un des plus grands dirigeants de cette société. Celui-ci est d'ailleurs particulièrement intelligent et intéressant, tous ces arguments et contre-arguments se valent. C'est l'un des moments-clés du bouquin. Il est intéressant également car ce jeune Sauvage est fan de Shakespeare, et reprenant des citations cet ancien auteur, s'oppose à son "adversaire". On a ainsi l'impression d'assister à un débat entre Shakespeare et le dirigeant de cette société utopique. C'est assez fort.

Personnellement, je n'ai pas adoré ce livre car je l'ai trouvé un peu long. Il ne se passe pas grand-chose, on ne se lie d'affection avec absolument personne (dès que l'on commence à le faire, il nous semble que l'auteur prend un malin plaisir à défaire ce lien en discréditant le personnage. C'est bien joué, mais frustrant...). Mais malgré le fait qu'il soit peu addictif, ce livre reste l'un des plus intéressants, l'un des mieux imaginés et l'un des plus travaillés que je n'ai jamais lu. Ce qui est bien, tout de même.

La fin paraît assez logique, on pourrait tout de même s'attendre à quelque chose de plus extraordinaire, de plus grand, de plus épique, mais ce qui se passe est le plus crédible, et reste dans la lancée de l'ouvrage. Quoique j'en ai pensé personnellement, et reprenant les avis énoncés plus haut de mon fait et ceux des autres, on peut considérer cet ouvrage comme un chef d'oeuvre. A lire avec attention.