76009_0_990x742Auteur : Ray Bradbury

Editeur : édtitions Denoël

Nombre des pages : 304

Prix : 6.50 euros

Traduit de l'anglais par : Henri Robillot

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Résumé : 

Montag est un pompier du futur d'un genre particulier : il brûle les livres. Jusqu'au jour où il se met à en lire, refuse le bonheur obligatoire et rêve d'un monde perdu où la littérature et l'imaginaire ne seraient pas bannis. Devenant du coup un dangereux criminel...

Mon évaluation :

Livre : 9/10

Écriture : 4/5

Originalité : 4/5

Addictivité : 3/5

Personnages : 3/5

Mon avis: Brillant, Fahrenheit 451 dépeint une société futuriste terrible qui pourrait bien être la nôtre

Publié il n'y a pourtant pas si longtemps que cela (en 1953), Fahrenheit 451 connait aujourd'hui une réputation mondiale et pourrait même entrer parmis les classiques. C'est donc vrai, avant ma lecture, je ne m'attendais pas à n'importe quoi.

On s'en rend compte rapidement. Montag, le personnage principal, est un pompier du futur. Il y a une nuance assez importance entre pompiers imaginés par Bradbury et pompiers actuels : en effet, si les nôtres sont chargés d'éteindre le feu, les siens le déclenche. Ou plus précisemment, ils sont chargés de brûler les livres. Lorsque l'alarme retentit dans la caserne, c'est que des livres ont été repérés chez quelqu'un ; on va chez lui, on brûle ses livres, puis sa maison, et on embarque la personne. On parle d'autodafés pour qualifier les livres, mais autodafés signifie que certains livres sont censurés, or là ils le sont tous. Lorsqu'une maison est brûlé, c'est comme un spectacle : les voisins entendent le bruit des sirènes, sortent de chez eux et assistent au spectacle. Les pompiers aussi semblent bien s'amuser lors de ces évènements : "Le plaisir d'incendier !", c'est ainsi que commence le livre.

Un petit quelque chose m'a gêné vers le début (je ne parle vraiment pas de défaut), c'est qu'on ne sait pas toujours si on est dans la métaphore ou dans la réalité, ce n'est pas très explicite. Après relecture, on trouve quelques indices pouvant nous indiquer que c'est l'un ou l'autre, mais cela casse un peu le rythme (enfin, pour moi). Je pense même que c'est voulu, mais bon...

Le titre et le résumé ce concentrent sur la censure des livres, mais c'est la société entière qui évoque celle d'une dicature. Et ce qui est terrible, et ce que Bradbury parvient à nous montrer avec brio, c'est que la population semble elle-même être son propre dictateur. On veut des salles entières murées d'écran passant des programmes sans queue-ni-tête, ce sont les voisins eux-mêmes qui avertissent les pompiers si untel possède des livres chez soi, on passe ses journées avec des écouteurs dans les oreilles, sans faire attention à ce qui nous entoure, on roule à toute allure sur l'autoroute, sans faire gaffe au paysage qui défile, au temps qui passe. Les métros passent des pubs répétitives et abrutissantes, on a écourtés les films, les spectacles, pour ne garder que l'essentiel. Tout le monde ne pense qu'à soi, la culture n'existe plus, le malheur non plus, ni l'ennui. Et c'est une société très réaliste, qui pourrait bien être la nôtre, que Ray Bradbury nous dépeint avec beaucoup de réalisme.

En fait, le pompier Montag, le personnage principal, est un pompier plutôt dévoué, jusqu' à sa rencontre avec Clarisse, une jeune fille plutôt différente. En marge. Elle semble connaître bien des choses sur le passé, sur le vrai bonheur, et de manière subtile, parviendra à remettre en question le narrateur. Deux éléments vont vraiment déclencher le changement de mentalité de Montag : la disparition de Clarisse, et une vieille femme trouvée en possession de nombreux livres qui a tenu à brûler avec sa maison.

Montag va changer d'avis à propos des livres à les lire, car il en avait caché quelques uns au cours des années précédentes. Il ne parvient pas vraiment à en saisir tout le sens, mais il aime ça, et à envie de sortir du système de la société qu'il commence à trouver étouffant. En fait, il ne signifie jamais clairement qu'il aime les livres, qu'il veut tous les lire et qu'il les comprend, mais il semble attiré par eux.

Le livre gagne en suspense lors de la fuite, notamment grâce au Limier, une créature mi fauve, mi machine, quasiment indestructible. Evidemment, ne vous attendez pas à une géante explosion, avec une rébellion massive et des combats. C'est plus subtile, plus suggéré. A notre imaginaire de faire le reste. Et c'est très bien comme ça.