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Résumé 

Par la magie d'un voeu, Dorian Gray conserve la grâce et la beauté de la jeunesse. Seul son portrait vieillira. Le jeune dandy s'adonne alors à toutes les expériences, s'enivre de sensations et recherche les plaisirs secrets et raffinés. « Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais », « il faut guérir l'âme par les sens, guérir les sens par l'âme ».
Oscar Wilde voulut libérer l'homme en lui donnant comme modèle l'artiste. Pour se réaliser, il doit rechercher le plaisir et la beauté, sous toutes ses formes, bien ou mal. L'art n'a rien à voir avec la morale. Dans une langue raffinée, l'auteur remet en question la société, le mariage, la morale et l'art. Ses propos sont incisifs et humoristiques. Ce livre scandalisa l'Angleterre victorienne, Oscar Wilde fut mis en prison pour avoir vécu ce qu'il écrivait. Au siècle suivant, Proust, Gide, Montherlant, Malraux ont contribué à la célébrité du génial écrivain.

Mon avis 

Le portrait de Dorian Gray est un livre, aujourd'hui, à succès populaire. Tous ceux qui l'ont lu me l'ont vivement conseillé. Après l'avoir lu, je ne saurais vraiment approuver leur dire. En effet, bien que le sujet principal abordé (on en reparlera plus tard) soit intéressant, le reste ne l'est pas autant. L'écriture m'a semblé osciller entre deux styles : lyrique pour certaines descriptions, mais plus scolaire et convenu (selon l'époque) pour le reste, j'entend par là les dialogues où les moments "d'action".

Le livre ne devient intéressant qu'aux abords de la page 100, voir jusqu'à la page 130. Sur 200 pages et quelques, ce n'est pas énorme. L'élément déclencheur ne constituera pas le début de l'action, vu qu'une fois qu'il s'en est rendu compte, Dorian Gray ne parlera plus tant que ça. On a souvent l'impression que "ça y est, enfin, ça démarre", mais non. Vous pouvez attendre. Un bon tiers du livre est donc assez ennuyeux, je n'ai vraiment pas été pris dedans.

Et je pense que les discours (qui s'étalent sur des pages) de Lord Henry, personne important pour Dorian Gray, qui se veut à la fois moralisateur, cynique et philosophique, y sont pour quelque chose. Je ne vois pas d'ailleurs ce qu'ils sont venu faire dans ce livre. L'auteur aurait sans doute dû plus insister sur ce qu'il s'est passé lors du moment où : "Le jeune dandy s'adonne alors à toutes les expériences, s'enivre de sensations et recherche les plaisirs secrets et raffinés". Cela dure 18 ans (à peine 18 pages dans le livre) et on en est étonné lorsque c'est annoncé.

Sinon, l'idée centrale du livre est intéressante. Elle n'a pas pris une ride aujourd'hui. Dorian Gray ne vieillera jamais, il conservera toujours sur son visage la marque de l'éternelle jeunesse, cette beauté qui est si chère à ses yeux. Il aura beau  commettre des crimes, s'adonner à des pratiques mauvaises, son visage n'en marquera pas la trace. C'est son portrait qui changera, changeant d'expression en fonction des actes et méfaits de Dorian.

Pour cela, comme je l'ai dit, le livre n'a pas vieilli. En revanche, quand Dorian se rend compte qu'il ne veilliera plus, mais que c'est son portrait qui le fera pour lui, il se pose quelques questions, mais rien de plus. Il ne se demande pas s'il est fou,   si c'est un produit de son imagination ou s'il rêve. Alors même si c'est l'une des caractéristiques du récit fantastique, pour un lecteur d'aujourd'hui, cela peut paraître bizarre. Et le fait, également, que Dorian ne change nullement d'apparence pendant 18 ans ne semble pas vraiment importuner les membres de son entourage.

Mais il est vrai que le livre en vaut le détour, car personne n'a vraiment parlé de ce genre de choses : un homme face à son âme, ses réactions, son comportement, ses idéologies... La fin, quoique légèrement prévisible, est également très bien, il aurait été dommage qu'elle en soit autrement. La fin m'a donc quelque peu réconcilié avec le début. Alors bien que cela me fit du bien d'avoir terminé ce livre (qui pourtant s'annonçait comme une courte lecture), je ne regrette nullement de l'avoir ouvert.