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Résumé :

" Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.

Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "

Mon évaluation :

Livre : 5/10

Ecriture : 3/5

Suspense : 2/5

Originalité : 4/5

Addictivité : 2/5
 
Personnages : 3/5
 
Mon avis : Un livre ennuyeux et décevant, qui se veut philosophique et poétique. Moi, je suis passé à côté
L'élégance du Hérisson avait reçu de nombreuses et plutôt bonnes critiques (très enthousiastes, pour certaines). Et même la 4ème de couverture donne envie. Alors, même si je sens que beaucoup vont vouloir me lyncher, je me lance.
L'histoire se partage entre deux personnages : Renée et Paloma, dont la description est faite sur la 4ème de couverture.
Attaquons d'abord avec Renée : c'est donc une concierge extrêmement lettrée et cultivée, qui semble aimer également le cinéma, la philosophie et sans doute aussi la poésie (et les camélias). On le devine dès la description, Renée ne semble pas apprécier vraiment tous les riches de "son" immeuble. Alors, si le livre tord le cou aux clichés avec la concierge très cultivée, niveau riche, il y va fort. Ils semblent être tous les même, finalement pas si intelligent que ça (en tout cas beaucoup moins que Mâdâme Renée), ils ont pour la plupart un chien, ils sont très distingués, bref hommes et femmes confondus, ce sont tous les mêmes. D'ailleurs, à travers le sentiment détestable que Renée éprouve pour tous ces "riches suffisants", on n'a pas vraiment pas de mal à distinguer la haine de l'auteur envers eux. Analyse peu pertinente, donc, ou vengeance personnelle ?
Et puis, le livre a gagné plus de la moitié de sa lourdeur grâce à Renée, qui épilogue sans cesse ou philosophe sur des choses qui ont déjà été écrites ou des choses inutiles (exemple ; un camélia). Et puis bon, le livre se veut être un roman, pour moi c'est plus quelque chose d'autre. Disons que ça oscille entre le roman et la philo. Alors si vous voulez l'apprécier, ne vous dites pas que ce livre peut être une histoire admirable et agréable à lire, dites-vous plutôt que c'est un ouvrage de philo. Parce que tomber sur ça, sans être prévenu, ça peut paraître bizarre : 
" Toute la phénoménologie est assise sur cette certitude : notre conscience réflexive, marque de notre dignité ontologique, est la seule entité en nous qui vaille qu'on l'étudie parce qu'elle nous sauve du déterminisme biologique.
Personne ne semble conscient du fait que, puisque nous sommes des animaux soumis au froid déterminisme des choses physiques, tout ce qui précède est caduc."
Et encore, je vous ai épargné tout ce qu'il y avait avant. Et même après.
Bref, Renée est capable d'épiloguer sur des centaines de ligne parce que quelqu'un a mis une virgule là où il ne fallait pas en mettre (si, si, ceci est véridique), où parce qu'on lui a remis un ouvrage de philosophie. Elle se met alors à nous résumer l'intégralité de l'oeuvre et à tenter de nous donner son avis dessus.
Ensuite, il y a Paloma. Bon, elle aussi est intelligente. "Extrêmement intelligente, même", et ce n'est pas moi qui l'ait dit (oui, arrogante est l'adjectif qui convient, je l'ai entendu au fond de la salle). Dès le début, elle se met à critiquer les cyniques sur presque un chapitre entier. Mais là, attendez deux minutes, je vais la citer : "Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte." Inutile, j'imagine, d'en dire plus là-dessus. En tout cas, Paloma soutient mordicus qu'elle est vraiment très intelligente, qu'elle a raison, qu'elle veut se suicider et mettre le feu à la maison. Mais à ce niveau-là, ce n'est plus vraiment de l'extrême intelligence.
Et puis son arrogance ne la quittera pas tout au long du livre (Grrr...), et elle écrira même ses propres "Pensées profondes" (Re-Grrrrrr...). D'autant plus que le lecteur ne trouvera pas toujours ses pensées si profondes que ça. Néanmoins, c'est plus facile à lire quand c'est Paloma qui écrit.
L'élégance du Hérisson est donc un livre qui semble avoir un boulet au pied ; il se traîne, prend son temps. Il ne se passe vraiment pas grand-chose (oulàlà, Renée prend un thé au jasmin ! Quel suspense !). Bon, là, j'exagère, d'autant plus qu'en règle général, je ne suis certainement pas insensible à de la poésie dans un livre. Mais bon, là, j'ai fait exception à la règle. C'est le genre de livre où, à n'importe quel moment, vous pouvez être sûr de sauter 10 pages et de reprendre la lecure sans gêne particulière. C'est dommage, j'ai vraiment eu l'impression de passer à côté de quelque chose (mais à des kilomètres...).
Bon, il y a quand même deux moment qui valent peut être le coup de lire le livre : la "Renaissance" de Jean Arthens et la fin (qui au départ m'a semblé totalement inutile, puis justifié). Il y a même eu un moment où deux où j'ai vraiment trouvé ça beau.
Bref, L'élégance du Hérisson est un livre que je n'ai pas apprécié, même si cela me paraîtrait absolument justifié que quelqu'un d'autre puisse l'aimer. N'ouvrez donc pas ce livre en attendant de lui qu'il vous divertisse et vous emporte dans son univers...