Salut à tous ! Aujourd'hui, un petit texte écrit pour un concours de nouvelles (qui n'a pas abouti... o_O') dont le thème principal était la haine/ la colère.

"La haine.

Elle me ronge, me consume.

Je n’ai pas le souvenir d’avoir passé un moindre instant sans ressentir sa marque profonde et obscure dans mon âme. Petit à petit, elle me laisse sombrer dans le déclin, anéantissant chaque jour une nouvelle parcelle de mon être.

Mais elle me permet aussi de tenir debout. Elle guide mes pas, me dicte ma conduite et me trace mon destin. Sans elle, je serais mort depuis qu’ils ont tués ma famille.

Cela remonte à plusieurs années, mais le souvenir en reste profondément ancré en moi. Oh, eux ils ont dû oublier, mais moi, je me souviens. De tout. De leur geste, de leur allure, de leur visage. Et je me suis juré de les traquer. De les tuer.

Debout devant cette légère porte de bois, je n’arrive pas à croire que j’y suis enfin parvenu. Je les ai retrouvés.

J’hésite un instant, mais la haine fait disparaître toute émotion dans mon esprit. La porte vole en éclats sous mon violent coup de pied.

 

Quand je sors dehors, je m’effondre. La nuit projette des rayons blafards sur la route, et mon sang macule ces ombres blanches. Ma vengeance est accompli, mais je ne ressens rien, à part la douleur. La haine est partie, et je ne me suis jamais senti aussi faible. Tandis que je sens la vie me quitter peu à peu, je songe à ma vie. Elle me paraît vide, sombre. Perdu dans les méandres de la vengeance, j’avais oublié de vivre. J’ai une dernière pensée pour ma famille, pour la vie qu’ils avaient préservés, et que j’avais gâché. La mienne.

Les ténèbres m’engloutissent, et j’arrête de penser."