Salut à tous ! Un petit texte que j'avais écrit en français. Il est un peu triste, sans doute, mais j'espère que vous l'apprécierez.

" Avant toi, je ne croyais pas aux coups de foudre, ni en l'amour. Mais alors que je t'ai vus, pour la première fois, j'ai eu une illumination. Mon coeur s'est emballé. Pourtant, tu n'était pas sublime, à peine maquillée, et habillée simplement. Mais tu exerçais comme un magnétisme sur moi, auquel il m'était impossible de résister.
Tu venais juste de débarquer au lycée, tu semblais un peu perdu parmi la foule de lycéens si sûrs d'eux. Je m'en rappelle très bien, tu t'es ensuite approchée de moi. Tu m'as demandé où se déroulait notre premier cours. Devant toi, alors que tu m'adressais la parole, je me suis sentis fondre. Là, comme un crétin, j'ai bafouillé quelques mots inintelligibles où il était question du numéro de la salle. Tu m'as regardé comme si j'étais un extra-terrestre, puis tu t'es éloigné.
A ce moment-là, j'ai eu l'impression d'être au milieu de toutes les hontes du monde.
Avec le temps, j'ai tout de même réussi à nouer des liens avec toi. On s'est même beaucoup rapproché.
Nous avons échangé notre premier baiser sous le pont de la ville, un soir. Assis avec toi sur les graviers qui bordaient la rivière, j'ai enfin compris la réelle définition du bonheur. Pas besoin de dictionnaire, tu venais de me fournir l'explication la plus claire qu'il soit. Nous vivions notre amour en catimini, à l'abri des regards qui auraient pus nous juger. On se rejoignait souvent sous le pont, à s'embrasser et à se raconter nos vies, main dans la main.
A peine un mois plus tard, tu m'annonçais que c'était fini, que tu n'éprouvais plus rien pour moi. Je suis resté planté devant toi, un espèce de sourire crispé au coin des lèvres. J'ai vécu le reste de la journée dans un état de transe total, refusant d'admettre ce que tu m'avais dit.
En rentrant chez moi, je suis allé dans ma salle de bains, devant un miroir. J'ai eu l'impression de voir quelqu'un d'autre.
C'est là que j'ai compris.
C'est là que je me suis mis à pleurer.
Moi qui vivait le parfait amour il y a peu de temps.
Moi qui, hier encore, croyait connaître la signification du mot bonheur.
J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps, recroquevillé sur le sol. Quand je me suis relevé, mes yeux, mon corps et mon âme étaient secs.
Je suis sorti dehors. La vie se déroulait normalement, alors qu'elle devrait être triste.
Je suis allé sur le pont. Quelques mètres plus bas, j'ai vu l'endroit où l'on s'asseyait ensemble, main dans la main.
Le désespoir s'est abattu sur moi. Lourd. Pesant.
J'ai su que je ne te reverrais jamais. Si je t'ai écris ceci, c'est pour que tu comprennes ce que je ressentais pour toi. Tu était tout ce qui comptait à mes yeux. Sans toi, je n'étais rien. Je t'aimais désespérément, avec la force d'un naufragé qui s'accroche à sa bouée. Et je t'ai perdu. Je me suis noyé. "

En bas, la rivière était peu profonde. Quelques rochers dépassaient, créant autour d'eux des tourbillons d'écume. Elle me lançait un appel.
Là, j'ai sauté. Comme on saute pour essayer de s'envoler. Comme on saute pour essayer de se libérer.
Durant ma chute, j'ai murmuré une dernière fois ton nom, doucement, comme on délivre un secret.
Puis j'ai fermé les yeux...